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L'été indien après GD

Le 4 octobre 2016, 18:52 dans Humeurs 0

 

 

Date : jour 75 environ après GD,

Panorama devant ma fenêtre : ciel bleu, soleil couchant sur Belledonne

Ambiance : Queen, Nirvana, U2  ...

Etat d'esprit : Déprimée

 

C'est le jour 75 après GD aujourd'hui, je crois que, socialement, je touche le fond.

 

Alors qu'hier j'étais prête à gravir la montagne, à "inventer" mon propre job, à me lancer comme on dit, c'est la douche froide.

Ce matin, j'avais un objectif. Il ne m'en faut qu'un seul par jour pour et qu'il soit réaliste, sinon c'est trop ...

 

Donc ce matin, je devais "faire le tour" des boites d'intérim. 

Qu'entend-on par là ??? S'habiller correctement, comme je le faisais jadis pour aller travailler, se maquiller un peu plus soigneusement, mettre des chaussures serrées-qui-font-mal-aux-pieds (mais qui ont un peu d'allure) et prendre quelques CV.

 

Puisque les agences d'interim n'étaient pas venues à moi, j'allais aller vers elles. Pas compliqué : poignée de mains franche, s'exprimer correctement sur ce qu'on cherche, sur ce qu'on a fait, ils vont bien voir que je suis un cas intéressant, hein ?!

Depuis quelques jours, j'avais fait mon petit marché sur Internet. Ciblé 3 agences qui proposent des postes réalistes pour mon profil.

 

Je pars dans ma petite voiture, "en ville", gonflée à bloc.

 

15 minutes plus tard, j'arrive dans "la ville", dans un quartier inconnu, voir même un peu glauque, je vérifie l'adresse. Bon ... apparemment ce n'est pas une erreur. Allez, un p'tit coup de poudre et de rouge à lèvres, je sors de la voiture, la démarche conquérante !

 

20 secondes plus tard, il faut se rendre à l'évidence, pas d'agence ... je téléphone :

"Oui nous avons déménagé, voici notre adresse, mais ne venez pas aujourd'hui, nous sommes en clôture de paie, nous n'aurons pas le temps de vous recevoir".

Ok ...

Pas grave, 'savent pas ce qu'ils perdent ... j'ai deux autres agences sur ma liste.

Voiture, GPS, quartier à nouveau inconnu.

 

A ce moment-là, j'ai un peu perdu de ma superbe, je suis garée trop loin, mes pieds me font souffrir ...

J'arrive à l'adresse ... Ce n'est pas l'agence censée y être mais une autre, annonces clairement ciblées "manutention".

Je vois une employée de l'agence qui sort sur le trottoir pour une pause cigarette, elle me regarde l'oeil torve et je mesure alors que cette journée sera catastrophique, je repars illico.

 

Le père de famille vient aux nouvelles, je lui raconte, je crois qu'il commence à avoir de sérieux doutes sur ma capacité en rebondir.

 

Moi aussi ...

Retour voiture, larmes aux bords des yeux, pas un CV distribué, les sempiternelles questions me reviennent en tête : pourquoi cette ville, cette région ? pourquoi avoir cru que j'y arriverais ? pourquoi n'y a t'il pas de boulot pour moi ?

 

Retour maison illico, moral en berne, j'actualise machinalement mes emails comme environ 765 fois par jour et là oh chouette un retour sur une candidature !

 

Bonjour

nous vous remercions pour l'attention que vous avez portée à notre offre. 

Nous n'avons malheureusement pas retenu votre candidature, celle ci ne correspondant pas aux attentes du poste.

Nous vous souhaitons une pleine réussite dans votre recherche

Très cordialement

 

C'est moi qui suis susceptible ou quoi ????  même pas une petite phrase pour enrober le tout ! Ponctuation et majuscules aléatoires ...

Bravo la consultante RH ...

 

Allez, je vais aller me taper un petit carré de chocolat ....

 

 

 

 

8 mois avant GD* : le grand saut

Le 29 septembre 2016, 17:48 dans Humeurs 0

Des années qu'ils en parlaient, de bouger, de faire le grand saut. Marre de la région parisienne, de ce stress, du béton, envie de respirer.

Date : Courant décembre

Panorama devant ma fenêtre : gris, mon petit bout de jardin, des immeubles et du bruit

Ambiance : Noël, sapin ...

Etat d'esprit : étonnamment zen et confiante

 

Plusieurs fois, l'occasion s'était présentée, mais ce n'était pas le bon moment, pour la carrière, pour l'immobilier, c'était trop précaire trop risqué.

Puis un jour, alors que je pensais que ca n'arriverait plus, c'est arrivé.

Toutes nos conditions étaient réunies et ce fut décidé, négocié en quelques semaines, nous partirons. Pas comme des aventuriers non ...  pas comme des parisiens qui plaquent tout pour devenir bergers, non pas notre genre. 

Un choix réfléchi, mesuré, soupesé, argumenté, retourné dans tous les sens : boulot, immobilier, enfants ...

Nous partirons à la montagne, dans une ville à laquelle nous n'avions jamais songé .... 

Le Père, en bon père de famille, prendra ses marques sur place, des aller-retour chaque semaine, les enfants finiront l'année scolaire ici, Madame continuera à travailler en gérant l'intendance avant le Grand Départ (*) ...

 

 

Le Grand Départ : la génèse

Le 29 septembre 2016, 15:45 dans Humeurs 0

 

 

Suite au recrutement sur le poste de ***** au sein de la Direction des Ressources du ****

Je suis au regret de vous informer que malgré toutes les qualités que présente votre candidature, celle-ci n'a pas été retenue.

 

Date : jour 70 environ après GD,

Panorama devant ma fenêtre : ciel bleu, temps clair, magnifique vue, aucun vis-à-vis.

Ambiance : bruit machine à laver

Etat d'esprit : down, down, down

 

C'est le jour 70 aujourd'hui, et j'ai décidé de raconter. Je ne peux plus garder tout ça à l'intérieur sans déborder. 

 

Interruption : sonnerie téléphone mobile, contact non identifié, coeur qui bat, qui est ce ? ca y'est quelqu'un a mon CV sous les yeux ??? Pas possible, enfin, on a vu mon potentiel quelque part ... 

OK, c'était le garagiste : la voiture est prête.

Déception ...

Je prendrais bien 2 carrés de chocolat, voir 4 pour faire un vrai carré ....

 

Voilà, commençons les présentations

 

LA MERE:  petite quarantaine. Type méditérannéen, physique généreux ++, trop maternelle, trop sensible, trop peu sûre d'elle, trop à la recherche d'un job, trop nouvelle dans cette petite ville. Trop seule.

Dans une autre vie, récente, elle n'était pas que mère, pas que femme, mais ça, c'était avant ....

 

LE PERE:  milieu de quarantaine, pas trop mal conservé, hypocondriaque ++, surnommé "le blond" en référence zu sketch de Gad Elmaleh (ceux qui connaissent feront le lien ...). Bon job dans belle boîte. C'est lui le moteur de l'expatriation.

Dans une autre vie, il serait écrivain ou photographe ... mais pour ça, il faudrait monter encore plus haut dans la montagne ...

 

LA FILLE : c'est l'ainée, l'élément familial sacrifié dans ce projet. La fille est une ado dans toute sa splendeur, lycéenne déracinée, elle en veut à ses parents. Sociable, vive, très intelligente et ambitieuse, la fille a un but : retourner dans son pays d'origine : près de Paris.

Dans une autre vie, la fille sera parisienne, ténor du barreau. Ambitieuse et libre ...

 

LE FILS : c'est le petit dernier, celui qu'on bichonne, qu'on embrasse, qu'on pouponne bien qu'il ait un âge à 2 chiffres. Le fils, vient d'entrer au collège, il est facile, cool, sportif, adorable, et a bien quelques défauts par ci par là.

Dans une autre vie, le fils ne sera plus à l'école, qu'il aura quitté au plus tôt pour être berger ou snipper.

 

 

 

 

 

 

 

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